Le portage salarial est encadré par le Code du travail depuis l'ordonnance de 2015 et par une convention collective de branche depuis 2017. Ce n'est donc ni une zone grise, ni un montage : c'est un contrat de travail.

Le principe : une relation à trois

  • Vous, le consultant porté, trouvez votre mission et négociez votre tarif.
  • L'entreprise cliente signe un contrat de prestation avec la société de portage.
  • La société de portage vous emploie en CDI ou en CDD de portage, facture le client, et vous verse un salaire.

Vous conservez l'autonomie commerciale d'un indépendant — c'est vous qui trouvez et négociez — tout en bénéficiant du statut de salarié : bulletin de paie, cotisations retraite, assurance chômage, mutuelle, prévoyance.

Qui peut être porté ?

La loi pose deux conditions principales :

  • une qualification professionnelle de niveau bac+2 minimum, ou trois ans d'expérience significative dans le secteur ;
  • une rémunération minimale définie par la convention collective, indexée sur le plafond de la Sécurité sociale — de l'ordre de 70 à 75 % du plafond mensuel selon la catégorie de portage.

Certaines activités sont exclues : les services à la personne notamment. Les prestations intellectuelles IT, elles, sont le cœur historique du portage.

Comment passe-t-on du TJM au salaire net ?

Le chemin est toujours le même :

  1. Chiffre d'affaires = TJM × nombre de jours facturés.
  2. On retire les frais de gestion de la société de portage (généralement 3 à 10 % du CA).
  3. On retire les charges patronales, puis les charges salariales.
  4. Il reste le salaire net, auquel s'ajoutent d'éventuels frais professionnels remboursés.

En ordre de grandeur, un consultant porté récupère en net entre 45 et 55 % de son chiffre d'affaires hors taxes, selon les frais de gestion, les frais professionnels et l'optimisation appliquée. C'est mécaniquement moins qu'en société — où l'on peut arbitrer entre salaire et dividendes — mais avec une protection sociale complète et zéro comptabilité.

Le compte d'activité : le document à lire

La société de portage doit vous fournir un compte d'activité détaillant, mission par mission : le chiffre d'affaires facturé, les frais de gestion prélevés, les charges, la réserve financière et le solde disponible. C'est le meilleur outil pour vérifier qu'on ne vous prélève pas des lignes non annoncées. Exigez-le avant de signer, pas après.

Les avantages réels

  • Protection sociale du salariat, assurance chômage comprise — un point décisif dans une activité par nature discontinue.
  • Aucune création de société, aucune comptabilité, aucune déclaration de TVA.
  • Responsabilité civile professionnelle généralement incluse.
  • Possibilité d'entrer et de sortir facilement : idéal pour tester l'indépendance sans démissionner de son statut social.

Les limites à connaître

  • Le coût : les frais de gestion et les charges salariales font du portage l'option la moins optimisée fiscalement à chiffre d'affaires élevé.
  • Pas de portage pour une mission chez son ancien employeur dans certaines conditions, et pas de remplacement d'un salarié gréviste.
  • La réserve financière : une partie de votre rémunération est mise en réserve pour lisser les périodes creuses. C'est une sécurité, mais cela décale la trésorerie.

Pour qui c'est le bon choix

Le portage est particulièrement pertinent pour démarrer une activité indépendante sans risque de statut, pour une mission ponctuelle en complément d'une autre activité, ou pour un profil qui préfère payer quelques points de marge plutôt que gérer une société. Au-delà d'un certain volume d'activité récurrent, la question du passage en SASU ou EURL mérite d'être posée à un expert-comptable.